Il s’appelait SANKARA

J’ai perdu mon âme d’enfant le 16 octobre 1987. Ce jour je m’en souviens encore, je revenais de l’école autour de 18h (nous on a fait la vrai école hein, matin et soir, la journée continue nous a trouvé en Terminale) quand cela s’est produit.

Notre chauffeur m’a dit, TU SAIS ON A TUE SANKARA » ……. je l’ai regardé incrédule, J’ai crié, puis, j’ai essayé de nier « t’es pas sérieux, qui pourrait vouloir la mort de ce gars? surement pas un africain »

Il m’a lancé un regard tout compatissant avant de rajouter, C’EST LA VÉRITÉ MON PETIT, là j’ai compris,

j’ai coulé des larmes et j’ai plus rien dit, dans ma tête toutes sortes de pensées se bousculaient, j’essayais de comprendre, de trouver une logique, comment en étions-nous arrivés là? qui avait tué Sankara? était-ce un accident? une erreur? Etait-il vraiment mort ? allait-on publier un démenti? ne savait-on pas dans son pays ce qu’il représentait ? ces compatriotes ne l’écoutaient-ils pas? Ne voyaient-ils pas l’amour de toute l’Afrique pour lui?

Dans cette contrée éloignée de Ngambé (en pays BASSA, BABIMBI, chez BELL JOSEPH ANTOINE) où nous nous trouvions alors, la nouvelle nous était parvenue avec 24h de retard. Nos voisins, ces contemporains de UM NYOBE, n’avaient que trop en mémoire, les traitrises des hommes. cela fut une occasion pour ressasser tout le mal fait à l’Afrique par les africains parfois et l’occident souvent, Mais personne ne parlait d’aller venger la mort du héros. Qu’elle tristesse, mort pour rien. 
Je n’avais que 13 ans quand ils m’ont volé mon insouciante innocence.

LA PATRIE OU LA MORT !!!!!!!!!

Plus tard j’allais lire que SANKARA se savait en danger, qu’il avait refusé l’arrestation de Blaise et de ses complices, qu’il avait choisit d’aller au bout des choses. Ces assassins étaient des Libériens commandés par un certain Charles Taylor (Jadis prisonnier de droit commun aux ETATS-UNIS et libéré inexplicablement, puis envoyé en Afrique et à la solde de la CIA), parrainés par Houphouet (Le sage disait-on, le traitre oui, le même qui avait paraphé le pacte servile avec la France, quand Sékou Touré disait « NON »), sous la protection et les ordres de Blaise Compaoré (Le plus proche collaborateur de Thomas, Président fratricide, qui n’a jamais pu se débarrasser de l’ombre accusatrice de Sankara)  bénéficiant de l’obéissance coupable de l’armée du FASO, dans cet après-midi du 15 octobre 1987, avaient tué le meilleur de ce que l’Afrique avait. « La Patrie ou la Mort » était l’une de ses devises, il y aura été fidèle jusqu’au bout.

IL S’APPELAIT THOMAS SANKARA !!!!!!!!! (Noël Isidore Thomas SANKARA en fait)

thomassankarameditando-b56b9Cet homme était mon idole, mon héros, mon super héros, …Aujourd’hui le 15 Octobre est une double journée de deuil pour moi (PAPA et SANKARA s’en sont allés un 15 octobre). Pendant longtemps dans mon enfance je me suis pris pour un capitaine d’armée (pas colonel, ni général). Papa a essayé un moment de me faire adopté le projet de médecin-capitaine (rires) mais sans succès, je voulais être un Alter SANKARA, Capitaine ou rien. Révolutionnaire ou rien aussi. Je me suis passionné de politique en suivant Africa N°1, à l’époque la guerre au Tchad (Le missile à dos d’âne vous connaissez ? ), le néocolonialisme et les doctrines anti colonialistes (anti FMI, anti-accord préférentiaux, anti-foccard, anti-etc.) étaient à la mode. Je prenais plaisir à soutenir une discussion là dessus avec les adultes et j’avais mal pour cette Afrique bâtarde, faible, méconnue, exploitée, avilie et abandonnée par ses propres enfants. Certaines figures sortaient du lot, et loin au dessus de la mêlée était le CAPITAINE. Exemple de probité, d’intégrité de patriotisme, etc. Mais il se distinguait surtout parce-qu’il ne se contentait pas de dénoncer, non il proposait des solutions et mieux il les mettait en application. Il balisait un nouveau chemin, une nouvelle voie, un vrai projet, un espoir et pour cela je ‘ai été, je suis et je serais un SANKARISTE….

Sa mort a été pour moi compris comme l’assassinat de JESUS par les juifs. Le peuple ignorant continu la marche, se revendique souvent de lui, mais beaucoup on oublié quel était son combat. et pour cela nous sommes maudits. Cette malédiction ne cessera qu’avec la prise de conscience, le retour à ses enseignements.

La malédiction continue

CUPELIN_Christophe_2012_Sankara_03_Sankara_Compaore_byLaikaFilms

Aujourd’hui BLAISE n’est plus au pouvoir et le FASO n’a pas retrouvé le nord. La malédiction du sang versé n’est pas partie car le peuple a oublié principal de l’enseignement du PRODIGE et fait de Compaoré la source de tous ses maux.

Gageons que dans 10 ans certains se prendront à regretter Blaise, parce qu’ils n’auront pas toujours compris. Car ils ont oublié, car nous avons oublié.

Nous (l’Afrique) avons oublié :

  • de nous regarder dans un miroir,
  • de nous demander qui nous sommes,
  • de consommer ce que nous produisons,
  • de vivre selon nos moyens,
  • de refuser l’aliénation culturelle,
  • de rejeter l’assistanat
  • de combattre la domination étrangère,
  • de venir en aide à nos voisins,
  • de développer la coopération sud-sud,
  • de nous défaire des accords traites du pacte servile que nos ancêtres ont accepté.

Nous avons oublié d’être nous et essayé de copier les autres et nous sommes surpris de constater que tout va mal. On ne peut attendre des résultats différents, si l’on ne change de méthode.

MAIS QUI ÉTAIT SANKARA !!!!!!!!!

Je peux résumer l’homme en trois citations

1- La patrie ou la mort, nous vaincrons

2 – Nous avons choisi de risquer de nouvelles voies pour être plus heureux. Nous avons choisi de mettre en place de nouvelles techniques.

3 – Nous avons oublié que « Quand le peuple se met debout, l’impérialisme tremble » ………

DOCUMENTATION

Pour avoir une vision à 360° de l’homme je vous conseille :

1 – le site Internet www.thomassankara.net

2 – Le Film Documentaire « Capitaine Thomas Sankara » Portrait d’un révolutionnaire de Cupelin diffusé pour la première fois au FESPACO 2015 (à voir sur http://www.capitainethomassankara.net)

3 – L’ouvrage SANKARA, COMPAORE ET LA REVOLUTION BURKINABE de  Ludo Martens, paru en 1989 (332 pages quand même)

4 –  Son discours à l’ONU en 1984 résume sa pensée LIRE ICI

5 – Sa Biographie qui montre le parcours du révolutionnaire en plus court. LIRE ICI

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8 réflexions sur “Il s’appelait SANKARA

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