Le désespoir de Sandrine

femme-africaine-tristeIl est plus de minuit à Yaoundé, Sandrine marche toute seule dans la rue sombre, sa démarche  mal assurée trahie un mal être, elle est sous le coup d’une douleur invisible. C’est une nuit de pleine lune et la canicule a déjà fait place à une brise fraiche qui joue avec la coiffure brésilienne de la jeune femme.  Du haut de son balcon Christ Tchoup rend hommage à la beauté de Sandrine d’un sifflet admiratif. Elle n’y a cure, ni le spectacle de la nuit, ni la senteur entêtante des fleurs, ni même la peur d’une mauvaise rencontre n’ont de prise sur la jeune femme de 31 ans. Son esprit est ailleurs, il est resté là-bas chez Emmanuel, d’ailleurs ses espoirs, ses certitudes et surtout ses repères y sont restés également. Dans sa tête tourne en boucle la scène qui s’est jouée une demie-heure plus tôt. Elle avait pris sur elle, ravalant sa fierté et son orgueil, elle s’en était allé dans un ultime assaut, chercher la victoire en territoire ennemi chez Emma (qui vivait en couple depuis peu avec Camille), elle s’était invitée à la pendaison de crémaillère de son « Ex » gonfler d’espoir, pour lui demander, le supplier devant tous ses invités de la reprendre, de l’épouser ou au moins de lui faire un enfant. Son acte puisait sa force dans leur passé commun, sa conviction de réussir s’était forgée durant les 3 années passées ensemble.

Emma avait été attentionné, amoureux transis il ne ménageait aucun effort pour satisfaire ses caprices, d’ailleurs il lui avait donné un petit nom « caprice » car pour capricieuse elle l’était. Les efforts de Emma n’avaient pourtant pas suffit. Surtout pour ses copines, celle-ci l’avaient convaincu de ce qu’elle pouvait « s’offrir mieux », elle l’avait alors quitté pour El Ly (jeune JCD de Douala). Emma l’avait prié, supplié il s’était évertué deux années durant à essayer de la reconquérir, mais rien n’y avait fait. La vie avec El Ly était « Sucrée » pleine de moments « comme il faut ». De guerre las Emma avait abandonné la partie. Camille sa « supposée » copine s’en était contentée, consciente qu’il n’avait d’yeux que pour Sandrine. D’ailleurs son regard sur Sandrine était resté le même.

Le temps avait passé et El Ly s’était lassé d’elle. Fassy, Porine et la Reinessis avaient été des rivales impitoyables. Son physique aussi l’avait trahi. La « Sandrine d’avant » ne passait pas inaperçue, elle était grande, un corps bien proportionné, un visage agréable, qu’habillait à ravir un sourire orné de fossettes. Le port altier de sa tête achevait de donner de l’assurance à sa démarche souple, elle s’habillait avec goût et choisissait ses bijoux avec soins, elle arborait des fragrances suaves et recherchées. l’ensemble suscitait chez ces consœurs de l’admiration, de l’envie, de la jalousie surtout, mais jamais de l’indifférence. A présent, la bonne vie s’inscrivait désormais en kilos de cellulite sur son corps (Merci JCD EL Ly), sa poitrine jadis orgueilleuse pointait bas. Ses hormones s’en étaient mêlées, lui réclamant avec force cris, un enfant que jadis elle avait converti en IVG. Elle enviait les enfants de ses amies et surtout le « Petit Ange » de sa Karol sa petite sœur. Celle-ci était de la génération « androïd », la même que ces jeunettes qui lui faisaient une concurrence ouverte et « quasi » déloyale, n’hésitant pas à faire des avances à ses « dragueurs » devant elle.

Cette vie n’était plus pour elle, elle aspirait à la maternité, à la sérénité, à la stabilité. « Magne NSI » avait lavé son corps de nuit au carrefour pour la purifier de toutes les souillures et de toute la malchance qu’elle avait accumulé. Mais cela n’avait pas marché. Alors elle s’était tourné vers Dieu, Elle avait fait la paix avec lui, elle l’avait alors servi en persévérant auprès du Pasteur « Tsolo Sombo » du « Ministère Voit et va Raconter » dont on disait tant de bien dans la ville. Celui-ci lui avait promis des changements imminents dans sa vie. Il avait vu un mariage et des promotions professionnelles, etc. La fraternité, les messes, les prières, les dons, les « Cailloux de David » et les bidons « d’eau bénite » acquis à prix d’or ne lui avait apporté qu’un éphémère réconfort.  Le Pasteur n’avait pas tenu ses promesses, sa vie n’avait pas beaucoup changé. Elle faisait du surplace pour dire vrai aussi bien bureau que dans sa vie amoureuse.

Elle était fatiguée de se battre, d’essayer, elle voulait désormais vivre autre chose, elle voulait que l’on s’occupe d’elle, que l’on l’aime, que l’on la regarde du même regard que lui portait jadis Emma. Elle avait souvent repensé à cet amour primeur qui serait tellement la bienvenue à présent. Elle avait repensé à Emma, à son regard qui était resté le même. Elle se souvenait aussi que jadis Camille n’avait jamais « fait le poids » devant elle, les hommes l’avaient toujours préféré à cette dernière. Elle avait aussi compris ses erreurs et étaient plus que prête à donner à Emma ce qu’il avait si ardemment souhaité, alors elle avait rassemblé son courage, saisissant le prétexte de la crémaillère, elle était allé tenter sa chance avec optimisme.

FemmeBattueTemoignageElle d’habitude si fière, n’avait cure ce soir du ridicule. Les invités s’étaient tuent quand elle s’est mise à genoux devant Emma. Le silence a fait place à sa voix fluette, courageusement elle s’était lancée malgré les flashs des téléphones portables, reconnaissant ses fautes, son manque de patience, l’influence négative des conseils mal avisés de ses copines, bref toutes ses choses qui l’avaient conduites à mettre fin à son idylle avec Emma. Elle avait pris conscience de ses erreurs et appris sa leçon. Elle demandait une énième chance, la dernière d’ailleurs car elle promettait de ne plus la laisser passer. Elle avait alors lu de l’émotion dans le regard de Emma, son regard s’était attendri comme jadis à Soa quand il lui rendait visite dans sa chambre d’étudiante, elle avait retrouvé ce regard une fois encore, elle l’avait charmé une fois de plus, elle avait gagné, elle imaginait déjà comment elle annoncerait la chose à ses amies, elle imaginait déjà leur expression (surtout celui de cette langue de vipère de Patricia qui lui avait prédit le destin peu flatteur de « vieille fille »). Elle imaginait enfin le « Parlez Encore PIPIPIP » qu’elle danserait après la mairie, oui sa vie allait prendre un nouveau départ, elle allait enfin se reposer. Emma avait gardé le silence un moment puis l’avait aidé à se relever, il avait reconnu le courage et l’effort surhumain que lui avait couté cette démarche, ensuite il lui avait dit avoir espéré ce moment depuis bien longtemps. Il l’avait ensuite gentiment raccompagné à la porte en lui signifiant qu’elle n’était plus la bienvenue dans sa vie. Camille (la traite) lui avait offert le mouchoir de circonstance avait des mots de réconfort qu’elle n’entendait d’ailleurs plus. L’assistance Tweetait et Postait avec rage. Dan YFEZ surtout semblait en transe, il tenait le scoop de sa vie.

A présent Sandrine errait dans la rue, le visage inondé d’un flot de larme qu’elle n’arrivait pas à contenir et qu’elle n’essayait plus d’essuyer. Elle ne savait plus à quel « soin » se vouer. La malédiction de Patricia (l’épouse de claude son « sponsor » d’un moment) se précisait. Elle allait finir « Vieille Fille » sans respect, sans égard. Elle ne fera jamais partie des réunions des épouses Baham ou Bafia etc. Elle ne brillerait jamais en société. un avenir d’anonymat et de mépris lui tendait les bras. Elle serait le déshonneur de son père, Élite parmi les Élites du village.

Son drame n’était pas unique, elle connaissait beaucoup d’autres femmes dans cette situation, celle-là que les mamans citaient comme l’exemple à ne pas suivre. L’exemple le plus proche était Tante Sidoine, qui la couvait d’amour et d’attention. c’est auprès d’elle qu’elle trouvait le réconfort entre deux amourettes de passades. Sa maman n’aimait pas cette complicité d’ailleurs. Mais à y regarder de prêt la vie de sa tante était pas si moche que cela. Elle s’assumait, ne dépendait de personne, élevait ses deux enfants avec amour, autorité et tendresse. Sa vie découlait de ses principes, elle était heureuse et épanouie et dans la famille on l’écoutait quand elle prenait la parole. C’est quand elle avait le dos tourné qu’on pouvait alors lui casser du sucre sur le dos. Mais somme toute sa vie était des plus agréable. Mais ……. Bref, il y avait une autre issue. Demain serait un autre jour. Pour ce soir elle avait sa dose, elle irait dormir après avoir vidé la bouteille de bailleys.

Chers lecteurs, cet article s’inscrit dans le cadre du  » THE BLOG CONTEST », Episode 1 (hashtag #TBC3E1) sur le thème « La pression sociale, une bonne est une femme mariée ». je sollicite votre indulgence, car les thèmes de société ne m’inspire pas beaucoup. Vous serez surement plus heureux en lisant les textes de :

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30 réflexions sur “Le désespoir de Sandrine

    1. Claudia j’ai voulu relaté la réalité en donnant à Sandrine toutes les erreurs que certaines commettent sur le chemin et au nom du mariage. Mais beaucoup ne s’aident pas elles mêmes. Et la société ne vient que parachever l’œuvre.

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  1. Loooool vous etes décidement tous des saboteurs hein… Faut j’aille lire aussi Tchoupi voir… Sinon ta Sandrine là avait le sang à.l’oril deh, le courage du lion! S’humilier komsa pour mariage & enfant c’est vraiment être désespérée la pauvre! Qu’elle prenne exemple sur Ta Sidoine ce n’est pas terrible (encore moins une malediction) d’être celib à cet age! Le tout c’est de s’assumer, d’avoir de l’estime de soi, de savoir ce qu’on vaut et veut et en etre fière le reste c’est pareil mariée ou célib!
    Well Done William (y)

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    1. Pour te dire vrai, moi aussi, j’aurais aimé avoir le temps de bien chuter, mais il fallait poster. Je devais développer Ma Sandrine au prise avec la société, la maman, les tantes, les amies, les collègues, même le prêtre et sa petite sœur. Et ensuite vous montrer comment après avoir accepter dans un premier temps un mariage de raison avait finie par décider que seule c’était encore mieux mal accompagné. Je ferais cela dans la version 2.0 de l’article.

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  2. J aime bien la narration. L’histoire est touchante, le style et le theme abordé qui tres representatif de ce que les jeunes filles vivent comme illusions et desillusions ds nos sociétés… Mais jai juste un point à éclaircir. Si le texte est fictif et destiné à être rendu public il est fortement deconseillé de citer explicitement des personnes existantes et connues si tu n’as pas de preuves irrefutables à mettre en face de lui au cas où le concerné se decidait à te coller un proces pr un motif ou un autre (oui je prefere prendre le cas le plus extreme ! Si tu comptes etre ecrivain autant ke savoir ! Lool) . Ds tn extrait sur Tsala Essomba et son ministère on y denote plus un sujet qui t’horripile plus TOI PERSONNELLEMENT il nya pas de distance objective or tu n’es pas ds le cadre dun billet dhumeur, lettre ouverte, chronique…. mais d’une fiction narrative donc supposée avoir des personnages Imaginaires. Tu aurais pu le dire autrement sous forme metaphorique soit en generalisant ce phenomène considéré pr toi comme « deviant » soit en donnant un nom proche du sien mais qui au final… nest pas le sien (Comme ds le cas de Christ Tchoup ou alors notre president qui ds bien de textes on retrouve ss le nom de « Roi Polo2, le Roi Lion, Le locataire d’Etoudi, Paa’Chantoux, le gars de 2035 etc) :-),

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  3. Wouais Sandrine eeeeeeee esseu on zappe alors un gars tres fort comme ca. Merci pour ke texte. Pour dire vrai, j y ai reconnu olus d une personne . C est vraiment l etat social dans lequel nous vivons.

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  4. hmmmmmmmm je sais que je connais bien l’histoire ci et tu l’as très bien revisité. c’est bien écrit. tu étais vraiment inspiré. et ce que j’aime encore c’est la description détaillée que tu fais des ressentis de cette sandrine.

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  5. C’est une tres belle Nieme lecon de vie cette histoire. On en rencontre is souvent des sandrine….mais c’est un choix de vie au final. Le tout c’est de pouvoir assumer et s’assumer en toute chose. Big up will

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  6. comme on dit et plus ou moins la femme est tjrs dalida! elle veut, elle ne veut pas! elle trahit, fait mal tout ça au nom de l’amouv! curieux… allez y compvendre qlq chose! c’est dommage kan même que les femmes lisent ces histoires de nos vecus quotidiens et qu’elles n’en tirent pvesque jamais des leçons positives pour l’avenir! anyway, le travail de l’artiste auteur a été fait: depeindre: well done!

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    1. la réalité nous suit partout; humilité, respect et amour sont les qualités qui nous poussent a la réussite . Sandrine se repend en vrai et crois en DIEU et elle pourra avoir une vie aisée.
      elle concerne aussi les hommes cette histoire
      aujourd’hui c’est Sandrine á qui le tour???????????????????????

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  7. William pourquoi ton héroïne à t elle mon prénom ???
    Bon, c’est parce que c’est une très jolie nouvelle que je te pardonne. Ton style est très léger. J’ai aussi envie d’écrire comme cela, mais bon, ca ne vient pas..

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